HISTORIQUE

1. Rappels sur la Monnaie - 2. L'origine des SEL

Autrefois, les pièces de monnaie étaient en métal précieux (or, argent, cuivre), elles gardaient leur valeur, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Les monnaies, intrinsèquement, ne valent rien, ce sont de simples moyens d'échange, des unités de compte, une inscription sur du papier. Pour épargner, on est obligé de s'adresser à une banque ou à un organisme financier.
Les banques n'ont pas très bonne réputation. Honoré de Balzac le disait déjà, les privilèges accordés aux banques sont un vrai scandale ; les profits de l'usure y sont astronomiques. Sans se fatiguer, un banquier se rémunère grassement. La malhonnêteté en col blanc atteint des sommets et les édifices des banques sont particulièrement majestueux pour paraître honorables au public.

De tous temps, pour subsister en milieu rural, il a fallu échanger entre voisins, ceci contribuant à des relations d'amitié (ou mafieuses, comme en Sicile). Dans les cités indépendantes comme Florence, Nice ou Venise, des monnaies locales ont été créées, et aussi dans le monde rural, en Franche-Comté (d'où le nom) : c'était simplement pour survivre que des échanges se faisaient sans recours à la monnaie royale, car la vie était difficile pour les paysans dans l'Ancien Régime.
Il y avait donc encore diverses monnaies locales en plus du Louis d'or avant la Révolution française. Avec le franc-or, créé sous Napoléon, les monnaies locales disparurent du fait de la confiance dans l'or plus que dans la monnaie. Or, cette parité du franc avec l'or a disparu en France après 1913, à cause des dépenses de guerre, mais aussi à la suite de l'instauration d'un système monétaire international par un cartel de banques (sous la houlette des Rothschild et des Rockefeller). On appelle cela la démonétisation.

On se souvient d'ailleurs du krach boursier de 1929 (Wall-street) où les banques refusèrent pour la première fois aux épargnants de recourir à la valeur-refuge, l'or. Beaucoup d'or avait déjà été confisqué par la Réserve Fédérale à Fort Knox dès 1918, et le dollar était ainsi devenu la monnaie de référence et la valeur refuge garantie par sa valeur en or (Gold Standard Exchange), mais pas les autres monnaies (sauf le franc suisse), dévaluées. Au lendemain de la dernière guerre mondiale, la seule monnaie indexée sur l'or était le dollar (Brenton-Woods 1944), avec le privilège de la planche à billets de la Réserve fédérale, cela a fait la fortune des magnats du cartel de la haute finance.
Mais depuis le 15 août 1971, cette monnaie-étalon n'est plus indexée sur l'or et cela a entrainé l'instabilité monétaire. Les spéculateurs qui s'attaquent aux monnaies ne s'enrichissent que par la fluctuation des taux de change. Cette grave crise a obligé l'Europe à créer sa propre monnaie, l'euro. Aujourd'hui, la valeur de l'or, bien que très élevée, est rendue plus relative à côté du pétrole, du gaz et d'autres ressources naturelles comme le cuivre ou le diamant qui deviennent de plus en plus rares. L'euro est surévalué, le dollar aussi, certainement, et depuis 2008, la crise de l'euro s'aggrave de jour en jour (liée aux dysfonctionnements de l'Union Européenne).

L'origine des SEL

Le Système d'Échange Local tel que nous le connaissons en France est né en Amérique du Nord dans les années 80 au sein des communautés hippies. Le premier Local Échange Trade System (LETS) a été créé au Canada. En France, c'est à partir de l'expérience d'un premier SEL en l'Arriège que plus de trois cents SEL ont vu le jour dans toute la France en une quinzaine d'années. Mais depuis, tous les paysans du monde l'adoptent, de l'Inde au Japon.

Les systèmes d'échanges locaux nous viennent donc de l'autre côté de l'Atlantique. En France, un premier essai de SEL a eu lieu en 1985, sans succès. En 1993, un deuxième SEL a été créé en Ardèche, sans succès non plus. Et puis, en octobre 1994, naît celui de l'Ariège. Cette fois-ci la petite graine va pousser : d'abord en Ariège avec plusieurs centaines d'adhérents, puis dans toute la France. Il y a près de 350 réseaux SEL qui fonctionnent en France depuis 1999.

En 2016 : Le SEL Tuffe et Faluns a 19 ans (1997) et le SEL Ardoise d'Angers a 18 ans (1998).

Des monnaies locales circulent. A Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, on peut faire ses courses, régler le médecin, et bientôt peut-être payer une place de théâtre, une entrée à la piscine ou les services de la nounou... en Abeilles.
Abeilles, Sol-Violette, Lucioles et Occitans : ainsi se nomment quelques-unes des « monnaies locales complémentaires » en circulation sous forme de billets dans un périmètre limité. Initiées il y une dizaine d’années en Allemagne, les monnaies locales complémentaires fleurissent actuellement en France. On en compte aujourd’hui une vingtaine, en vigueur ou en projet.

Ces monnaies visent à réinstaurer l'argent comme moyen et non comme fin en soi. Elles entendent valoriser les économies locales et favoriser les échanges humains. Elles revendiquent une dimension éthique et citoyenne, esquissent un instrument politique en devenir.

En période de crise, les Villeneuvois souhaitent par leur initiative citoyenne se réapproprier la monnaie. L’Abeille est un billet passant de main en main ; c’est aussi une histoire aux facettes multiples qui réunit des militants de la première heure des systèmes d’échanges locaux, une coiffeuse, un ostéopathe, une chausseuse spécialisée dans le « pied sensible », un travailleur social, une productrice de viande bovine...

Le SOL est un système qui a vu le jour en France dans trois régions, au sein de l'économie sociale et solidaire, sous le patronage du Crédit coopératif, de la Macif, des Chèques Vacances et de la Mairie de Lille, en 1997. Ce moyen d'échange promeut une économie fondée sur des valeurs écologiques, sociales et solidaires...

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